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Stratégie de l'islam politique au sein de l'armée française ?

Par Mohamed Louizi, ingénieur et essayiste, spécialiste de l'idéologie islamiste et de ses méthodes.



Le calendrier du Commissariat des Armées, qui a été dénoncé, à juste titre, dévoile plus qu'il ne voile. Au-delà du hijab affiché à l'horizon de janvier 2024, il invite à s'intéresser à l'agenda des islamistes au sein des Armées françaises.


Tout d'abord, il n'est pas inutile de rappeler que les islamistes, en particulier les Frères musulmans, ont toujours œuvré pour infiltrer, sur un temps long, les armées des États où ils préparaient la prise du pouvoir et le Tamkine. C'est vrai pour le Soudan, l'Égypte, la Syrie.


La France n'étant pas un pays musulman, "pas encore" dirait-on, les islamistes n'en font pas une exception. Depuis au moins les années 2000, ils travaillent cette institution, profitant des faiblesses et naïvetés de certains, des complaisances et compromissions d'autres.




Le choix de Nicolas Sarkozy en 2003, d'intégrer les intégristes au sein du CFCM a permis aux islamistes d'avoir une voie royale d'accès au cœur des Armées françaises, par la création de l'aumônerie militaire du culte musulman en 2005/2006, à l'époque de Michelle Alliot Marie...


Les composantes du CFCM se sont mises d'accord sur les noms des aumôniers "musulmans" qui allaient exercer leur mission au sein des Armées, derrière l'aumônier-en-chef, Abdelkader Arbi, proche de la mosquée algérienne à Paris, qui voulait faire des Armées un "laboratoire"


A. Arbi, dans sa démarche visant à "banaliser" l'islam dans les Armées, n'a pas hésité à utiliser en 2015 les éléments de langage des Frères musulmans, notamment l'expression "islam du juste milieu", chère à Youssef al-Qaradawi, devant un ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian séduit.


Dans cette séquence, on distingue clairement des visages appartenant aux Frères musulmans en uniformes. Parmi lesquels, un certain Abdelhaq Nabaoui qui s'est félicité dans une émission d'une chaine qatarie, de ce que les "musulmans" représenteraient 10% du corps militaire.


Bien que celui-ci fût frère musulman, cela n'a pas empêché François Hollande, en avril 2017 à deux semaines des élections, de le nommer "Chevalier de la Légion d'honneur". Il est loin d'être le seul frériste promu par l'Etat français durant les 20 dernières années


Parmi les aumôniers "musulmans", on trouve aussi un certain Abdellatif Benzellif – barbe taillée et moustache rasée selon les prescriptions salafistes – s'occupant de la coordination de l'action des aumôniers locaux de la zone de Défense et de Sécurité Sud (Rhône-Alpes).




En 2009, dans un reportage de France 24, Benzellif a dit : "Souvent les gens pensent que les rations sans porc sont des rations que les musulmans peuvent manger. Le sans porc ne veut pas dire halal." Les islamistes peuvent ainsi se rassurer sur le fait que leur doctrine se banalise au sein des Armées...



En 2010, Benzellif, accompagné de 3 aumôniers, a participé au rassemblement des Frères musulmans (ex-UOIF) au Bourget, à côté de convives sulfureux comme : Omar Abdelkafy, Safwat Hegazi, Ratib Naboulsi, Hani et Tariq Ramadan, Hassan Iquioussen.





En 2018, Benzellif s'est rendu en Bosnie-Herzégovine, un pays extra-UE, en sa qualité d'aumônier pour rencontrer le mufti militaire de Bosnie, M. Pašalić, et préparer la Conférence internationale des imams militaires, prévue en 2019 à Sarajevo.




Cette 3ème conférence a eu lieu en septembre 2019 et a réuni plus de 50 imams et aumôniers venant de 14 pays : Arabie saoudite, Autriche, Belgique, Canada, Croatie, France, Irlande, Malaisie, Norvège, Pays-Bas, Qatar, Suisse, UK et USA.




En lisant les articles étrangers, rendant compte de cette 3ème conférence, on apprend que la 2ème a été organisée en France par l'ex-aumônier-en-chef, Abdelkader Arbi. Curieusement, on ne trouve aucune trace de cette conférence internationale dans la presse française.


Naturellement, la participation à de telles conférences, à côté de représentants de pays étrangers, suscite de nombreuses interrogations : le ministère de la Défense était-il au courant ? A-t-il donné son feu vert ? Quid du fameux "islam de France" ?


Pour complément d'information, Nadir Mehidi, l'actuel aumônier-en-chef musulman des Armées, nommé en 2021, en succession d'Abdelkader Arbi, a été présent aussi à cette conférence internationale à Sarajevo, comme en témoignent quelques photos diffusées par la presse bosniaque.




La question demeure posée : l'aumônerie musulmane au sein des Armées françaises répond-elle vraiment aux besoins des soldats français musulmans, ou sert-elle un agenda de l'internationale islamique, l'Oumma ? Que pense Sébastien Lecornu de ces curieuses ramifications?


Les ambiguïtés de l'institution militaire vis-à-vis de l'islam (politique) sont révélées aussi par d'autres liens contre-nature entre des représentants des Armées, d'un côté, et des Frères musulmans, de l'autre, comme dans le Nord de la France à l'ombre du Lycée Averroès.




L'on regrette une certaine imprudence du Ministère de la Défense qui confie, en partie, l'étude sociologique du "fait musulman" au sein des Armées, à des chercheurs-militants comme Elyamine Settoul, situé plutôt à gauche de Jean-Luc Mélenchon, plutôt Bondy-Blog que Causeur.


La thèse d'Elyamine Settoul, qui a bénéficié d'une bourse du Ministère, apporte des éclairages intéressants mais son fil conducteur est fidèle à la grille islamogauchiste, s'inquiétant à tort de la présence de groupes d'"extrême-droite" mais minimisant le danger islamiste.




Si l'on ajoute à cela ses participations à côté des représentants du régime iranien des mollahs, la pertinence de ses travaux au service des Armées devient incertaine. Le 2/01/2022, il a participé à une conférence à côté du cheikh chiite Ali Sbeity.


Ali Sbeity ? C'est un prédicateur chiite libanais, installé à Montréal et proche du Hezbollah. Surveillé par les services canadiens, son passeport fut suspendu pour des liens avec le terrorisme. Il organise des cérémonies de voilement des fillettes...




En somme, on voit que nos Armées sont ciblées, voire infiltrées, par l'action, le discours et les revendications des islamistes. C'est bien une armada d'acteurs (aumôniers, chercheurs, politiques, médias) qui pousse vers la banalisation de l'islamisme au sein des Armées.


Au-delà de la photo d'une femme voilée sur un calendrier, c'est toute la conception de la laïcité française au sein des Armées qui se trouve hélas fragilisée, au point que l'on parle désormais de "laïcité militaire" à la grande joie de Jean Baubérot !


Jean Baubérot, ce compagnon de route des Frères musulmans de l'ex-UOIF, fait l'éloge de cette "laïcité militaire" qui semble le satisfaire et se félicite de l'édition en 2019 d'un livret de 48 pages, préfacé par l'ex-ministre Florence Parly.


En juin 2021, c'était au tour du quotidien américain de gauche, le New York Times, de titrer : "Dans l'armée française, les musulmans trouvent une tolérance qui est insaisissable ailleurs". Au passage, il cite le livret du Ministère, Elyamine Settoul.


L'ex-aumônier-en-chef, le Franco-Algérien Abdelkader Arbi, considère les Armées comme un "laboratoire". Sa vision a-t-elle déjà gagné la bataille des idées au sein des Armées ? Si celles-ci s'accommodent ici des revendications islamistes, pourquoi leur faire la guerre là-bas ?


Si dans certains régiments ou sur le porte-avions Charles De Gaulle les soldats français musulmans représentent 10 à 15% des effectifs, l'on aimerait savoir quel récit de l'islam leur est servi ? Quel programme cultuel ? Quelle prédication ? Quid des conversions ?


Le citoyen que je suis, aime et admire les Armées françaises et mesure tous les sacrifices qu'elles font pour servir une certaine idée de la France. J'observe avec inquiétude les schémas islamistes de sa fragilisation de l'intérieur par petites touches.


Il est temps que la grande muette rompe le silence et confie ses difficultés à la Nation, à ses représentants. Il ne doit y avoir qu'une laïcité et partout l'islamisme doit être chassé : constante stratégique. Il en va de l'unité, de la paix et de la liberté de notre France.


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